Face au manque d’informations sur le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), la grossesse et la fertilité, j’ai décidé de partager mon expérience personnelle. J’ai réussi à avoir un bébé malgré le SOPK, et aujourd’hui, je te raconte mon histoire.
PEUT-ON TOMBER ENCEINTE NATURELLEMENT AVEC LE SOPK ?
Avant de commencer mon témoignage, je tenais à répondre à cette question que nous sommes nombreuses à nous poser : oui, il est possible de tomber enceinte naturellement avec le SOPK !
Cependant, ce n’est pas toujours facile et cela peut prendre du temps. Chaque SOPK est différent, donc chaque parcours vers la grossesse l’est aussi.
Certaines femmes tomberont enceintes dès les premières tentatives, tandis que d’autres devront affronter plusieurs années de parcours PMA avant d’y parvenir.
SOPK ET GROSSESSE, MON TEMOIGNAGE
L’arrêt de la pilule : le début de mon parcours pour tomber enceinte
Tout a commencé en 2021, lorsque nous avons décidé, avec mon conjoint, de fonder notre famille.
En novembre, j’arrête la pilule après 14 années de prise ininterrompue. Nous sommes pleins d’espoir, car ma gynécologue m’a affirmé qu’il existait un “rebond de fertilité” à l’arrêt de la pilule, avec une chance sur quatre de tomber enceinte. J’ai découvert plus tard que c’était faux. Il y a bien un rebond hormonal, mais pas un rebond de fertilité.
Quatre semaines plus tard, je ressens les signes d’une ovulation imminente : ballonnements, seins tendus, rétention d’eau, libido augmentée, glaire cervicale abondante. Le test d’ovulation est positif.
Quinze jours après, nouveaux symptômes : douleurs, acné, sautes d’humeur, hypersensibilité. Mon conjoint me montre une vidéo d’un chiot et je fonds en larmes… Je réalise alors que je n’ai toujours pas eu mes règles. Serais-je enceinte ? Malheureusement, le test est négatif.
L’inquiétude et l’incompréhension face à l’absence de règles
Les semaines passent et les symptômes les plus étranges s’enchaînent. Deux mois après l’arrêt de la pilule je n’ai toujours pas mes règles alors que je ne suis pas enceinte. Je m’inquiète. Ma gynécologue me propose de prendre du duphaston pour déclencher les règles. Mais je sais que ce médicament ne provoque pas d’ovulation, au contraire il peut l’inhiber si il est mal utilisé. D’ailleurs, il entraîne seulement des saignements de privation qui ne sont pas de vraies règles. Alors, je refuse de le prendre.
Les cycles se succèdent avec des tests d’ovulation positifs mais des tests de grossesse négatifs. J’attends toujours désespérément d’avoir mes règles. Je décide de me renseigner davantage et je découvre la symptothermie, une méthode naturelle qui permet de suivre son cycle et de savoir quand et si l’on ovule.
Les difficultés pour tomber enceinte avec le SOPK
Grâce à la symptothermie, qui consiste à suivre son cycle en observant sa glaire cervicale et prenant sa température tous les matins, je réalise que j’enchaîne les tentatives d’ovulation sans réellement ovuler. Impossible donc de tomber enceinte dans ces conditions. C’est pourquoi je consulte un nouveau médecin qui me prescrit seulement une simple prise de sang sans bilan hormonal.
Fin mars, j’ai enfin mes règles, cinq mois après l’arrêt de la pilule. Mes cycles sont imprévisibles avec de violents syndromes prémenstruels (SPM) et durent entre 70 et 90 jours. Je découvre alors l’existence du trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) : après l’ovulation, je ressens une dépression intense et des pensées noires, alors que je n’en avais jamais eu auparavant.
En octobre, j’obtiens enfin une ordonnance pour un bilan hormonal et une échographie pelvienne. Je ne fais pas tout de suite l’échographie car j’en avais déjà effectué une en décembre avec ma gynécologue qui était soi-disant normale.
Je tarde à faire l’échographie, car celle de décembre dernier avait été jugée “normale”. Je réalise ensuite la prise de sang, malgré l’absence de règles : les résultats semblent corrects, sauf un taux d’AMH (hormone antimüllérienne) très élevé, signe d’une forte réserve ovarienne.
La découverte du SOPK et le diagnostic d’infertilité
En décembre, je refais finalement une échographie avec une sage-femme. Et là c’est la douche froide, elle m’annonce que j’ai des ovaires polykystiques (OPK). Elle m’explique que tomber enceinte naturellement reste possible, mais que le chemin sera long. Elle me conseille le parcours PMA pour ne pas perdre trop de temps. Je fonds en larmes. J’ai peur de ne jamais pouvoir devenir mère, mais je ressens aussi un immense soulagement de comprendre enfin ce qui m’arrive.
Je me renseigne alors sur le SOPK et me reconnais dans de nombreux symptômes : cycles longs et irréguliers, infertilité, acné, chute de cheveux, fatigue chronique, dépression et anxiété, douleurs chroniques et migraines, ventre toujours gonflé et ballonnements, SPM et TDPM.
Si tu as un doute sur ton diagnostic, je te conseille de lire mon article: « Symptômes, diagnostic, comment savoir si on a le SOPK ? ».
Au cours de mes recherches, je découvre qu’il y a un risque d’hyperstimulation ovarienne en cas de PMA avec le SOPK. C’est pourquoi, après cette année éprouvante, nous décidons avec mon conjoint de ne pas aller en PMA pour le moment et de faire une pause dans les essais bébé.
Mes solutions naturelles pour favoriser la fertilité avec le SOPK
Mon esprit de scientifique reprend vite le dessus. Je cherche des solutions naturelles pour favoriser la fertilité avec le SOPK : adopter une alimentation équilibrée, réduire le sucre, bouger régulièrement, bref, avoir une bonne hygiène de vie. Mais tout cela, je le fais déjà depuis longtemps.
Je trouve aussi des listes de compléments alimentaires à prendre pour le SOPK. Je te partage ceux que je prends à ce moment-là :
- Multivitamines avec vitamines B méthylées et choline
- Magnésium bisglycinate (du vrai !)
- Oméga 3 DHA/EPA
- Capsules d’huile d’Onagre
- Bourgeons de Framboisier
Mon conjoint prend aussi le multivitamines, le magnésium et les oméga 3. J’ai également testé la réflexologie plantaire pour soulager mon SPM/TDPM.
Ma grossesse naturelle malgré le SOPK
Et puis, un miracle.
Dans la nuit du 24 au 25 décembre, j’ovule. Grâce à la symptothermie, je le repère immédiatement. Malheureusement nos derniers rapports datent d’il y a cinq jours, donc je n’y crois pas vraiment. Pourtant, quinze jours plus tard je n’ai toujours pas mes règles et ma température reste haute. Alors je fais un test de grossesse mais il est négatif.
Quelques jours plus tard, je me fais bousculer dans un magasin et je pose instinctivement ma main sur mon ventre. J’ai un pressentiment mais je n’ose plus y croire. Ainsi, le lendemain matin je refais un test de grossesse et cette fois-ci il est positif ! La barre est presque invisible mais elle est bien présente. Puis je confirme ma grossesse avec une prise de sang et une échographie de datation quelques semaines plus tard.
J’avais envie de me réjouir de cette merveilleuse nouvelle mais j’avais peur. La grossesse se déroule bien, mais je suis très fatiguée et anxieuse à l’idée d’un arrêt de grossesse.
Alors voici mon conseil quand tu tomberas enceinte : ne fais pas la même erreur que moi, parle de tes peurs à tes proches ou à un professionnel bienveillant. Ne garde pas tout pour toi, pour pouvoir vraiment profiter de ces neuf mois uniques.
Voilà comment je suis tombée enceinte naturellement avec le SOPK.
Les miracles existent, garde espoir !
Si toi aussi tu souhaites partager ton témoignage, tu peux m’écrire à bonjour@manutra.fr.
Article rédigé par Lise, Docteur en Pharmacie diplômée en Nutrition et Micronutrition, et atteinte de SOPK

