Tu te poses des questions sur ton cycle ? Des symptômes te gênent au quotidien sans qu’on en trouve la cause ? Et si c’était le SOPK ? Découvre dans cet article comment repérer les signes et poser un diagnostic.
QU’EST-CE QUE LE SOPK ?
Le SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) est un trouble hormonal courant qui toucherait environ 1 femme sur 7 en âge de procréer. C’est d’ailleurs la première cause d’infertilité devant l’endométriose. Pourtant il reste encore largement sous-diagnostiqué.
Les causes exactes de ce syndrome ne sont pas encore connues. Mais certains facteurs aggravants ont été mis en évidence :
- Alimentation trop riche en sucres et en autres aliments pro-inflammatoires
- Perturbateurs endocriniens
- Carences en vitamines, minéraux et oméga 3
- Déséquilibre du microbiote intestinal
- Stress et manque de sommeil
- Surpoids et obésité
QUELS SONT LES SYMPTÔMES DU SOPK ?
Les symptômes évocateurs d’un SOPK sont très variés et se manifestent de façon différente d’une femme à l’autre. C’est ce qui rend le diagnostic parfois difficile et explique pourquoi ce syndrome passe souvent inaperçu pendant plusieurs années.
Voici une liste des symptômes les plus fréquents :
- Cycles longs et irréguliers (= règles irrégulières)
- Absence de règles et donc d’ovulation
- Surpoids, prise de poids inexpliquée
- Infertilité
- Acné
- Chute de cheveux anormale (alopécie)
- Pilosité excessive (hirsutisme)
- Fatigue chronique
- Baisse voire absence de libido
- Dépression, dépression du post-partum
- Anxiété
- Troubles du sommeil, apnées du sommeil
- Douleurs aux ovaires et/ou pendant les règles
- Migraine
- Douleurs musculaires
- Troubles digestifs chroniques (ballonnements, diarrhées, constipation etc.)
- Troubles du comportement alimentaire (TCA)
Tous ces symptômes peuvent t’alerter sur un éventuel SOPK. Je te recommande alors de consulter un professionnel de santé qui pourra lancer les investigations et poser un diagnostic clair.
LE DIAGNOSTIC DU SOPK
Seul un professionnel de santé est habilité à poser le diagnostic du SOPK. Cela peut être ton médecin traitant, ton gynécologue, ta sage-femme ou un endocrinologue.
L’outil de diagnostic du SOPK : les critères de Rotterdam
Le diagnostic repose sur les critères de Rotterdam. Au moins 2 critères sur les 3 suivants doivent être présents pour poser le diagnostic du SOPK :
- HYPERANDROGÉNIE :
– Clinique : pilosité excessive, acné, chute de cheveux etc.
– Et/ou biologique : augmentation des hormones androgènes à la prise de sang (testostérone, androsténédione, DHEA-S)
- CYCLES IRRÉGULIERS :
– Absence de règles ou règles irrégulières qui mettent en évidence un trouble de l’ovulation
– Cycles longs > 35 jours
- OVAIRES MULTIFOLLICULAIRES et/ou AMH ÉLEVÉE :
– À l’échographie : volume ovarien important (> 10 ml) et/ou > 20 follicules sur au moins un des ovaires
– Et/ou à la prise de sang : AMH élevée > 5 ng/ml
L’AMH est l’hormone antimüllérienne, ce taux est lié à la réserve de follicules ovariens et est utilisé comme marqueur de la réserve ovarienne. Il est donc censé diminuer avec l’âge mais chez la femme SOPK qui n’ovule pas souvent il reste élevé.
Quel bilan hormonal pour le diagnostic du SOPK ?
La prise de sang est une étape indispensable pour diagnostiquer le SOPK. Elle doit être effectuée entre J2 et J5 du cycle, au moment où les taux hormonaux sont censés être au plus bas. En cas d’absence de règles, elle sera réalisée au moment voulu.
Voici les paramètres à analyser dans un bilan hormonal pour le diagnostic du SOPK :
- LH et FSH
- 17 Bêta-Oestradiol
- Testostérone totale
- Androsténédione
- DHEA et DHEA-S
- 17-hydroxyprogestérone
- Prolactine
- AMH
Et voici les analyses complémentaires qui peuvent être utiles :
- Bilan thyroïdien
- Cortisol
- Indice HOMA : Pour mettre en évidence une éventuelle résistance à l’insuline. Ce trouble du métabolisme glucidique est fréquemment associé au SOPK, il majore les symptômes et augmente le risque de souffrir de surpoids et d’infertilité.
- Bilan lipidique : le SOPK augmente le risque de souffrir de syndrome métabolique
- Bilan martial complet (fer), vitamines D, B9 et B12 : ces carences sont fréquentes en cas de SOPK et aggravent les symptômes
L’échographie abdomino-pelvienne
L’échographie abdomino-pelvienne est effectuée de préférence au début du cycle et permet de compter le nombre de follicules antraux présents sur chaque ovaire. En effet, normalement chaque ovaire contient entre 5 et 10 follicules en cours de maturation en début de cycle. Seul l’un d’entre eux deviendra un ovocyte fécondable.
Néanmoins, en cas de SOPK, il arrive que les follicules immatures s’accumulent. On observe alors à l’échographie plus de 20 follicules et/ou un volume ovarien important, sans présence de kyste ni de follicule dominant. Ainsi, le terme exact pour parler de ce type d’ovaire est ovaire multi folliculaire et non « polykystique ».
Mais attention, selon les critères de Rotterdam, il est possible d’avoir un SOPK sans avoir des ovaires multi folliculaires et inversement. Le nom du syndrome des ovaires « polykystiques » est donc trompeur.
POURQUOI C’EST IMPORTANT DE SE FAIRE DIAGNOSTIQUER ?
Le SOPK est bien plus qu’un simple trouble hormonal, car il peut avoir un impact global sur la santé à long terme. En effet, en l’absence de prise en charge, il peut augmenter le risque de développer certaines maladies :
- Résistance à l’insuline, diabète de type 2 et diabète gestationnel
- Hypertension artérielle
- Obésité
- Stéatose hépatique non alcoolique
- Dépression, anxiété
- Apnée obstructive du sommeil
Ainsi, un diagnostic précoce permet de mettre en place les bonnes actions :
- Adopter une alimentation nutritive et anti-inflammatoire
- Pratiquer une activité physique régulière
- Se relaxer et prendre soin de son sommeil
- Choisir des compléments alimentaires adaptés
Le SOPK n’est pas une fatalité, mais il ne doit pas être ignoré. Un accompagnement global et personnalisé permet souvent de soulager les symptômes, de retrouver un cycle plus régulier et d’améliorer sa qualité de vie.
Il n’existe actuellement aucun médicament pour soigner le SOPK, seule une modification de l’hygiène de vie pourra atténuer les symptômes.
Certains compléments alimentaires peuvent apporter un vrai soutien en supplément d’une bonne hygiène de vie. C’est le cas notamment des oméga 3 EPA/DHA, un allié incontournable pour la santé hormonale en général :
Mes oméga 3 DHA EPA pour mon SOPK
Article rédigé par Lise, Docteur en Pharmacie & Ingénieur en Nutraceutique, atteinte de SOPK
Références
P. Christ et M. I. Cedars, « Current Guidelines for Diagnosing PCOS », Diagnostics, vol. 13, no 6, p. 1113, mars 2023, doi: 10.3390/diagnostics13061113.
« Syndrome des ovaires polykystiques ». Consulté le: 8 juillet 2025. [En ligne]. Disponible sur: https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/polycystic-ovary-syndrome
Lizneva, L. Suturina, W. Walker, S. Brakta, L. Gavrilova-Jordan, et R. Azziz, « Criteria, prevalence, and phenotypes of polycystic ovary syndrome », Fertil. Steril., vol. 106, no 1, p. 6‑15, juill. 2016, doi: 10.1016/j.fertnstert.2016.05.003.


