Un couple sur quatre n’arrive pas à concevoir après 12 mois de rapports sexuels non protégés. Pourtant, dans de nombreux cas, ce n’est pas un problème de fertilité mais plutôt une méconnaissance du cycle féminin qui rend la conception plus difficile. Savoir identifier précisément sa période fertile est essentiel pour maximiser ses chances de tomber enceinte. C’est là que la symptothermie entre en jeu ! Dans cet article, nous allons explorer ce qu’est la symptothermie, comment elle fonctionne et pourquoi elle est un véritable allié pour la fertilité.
C’EST QUOI LA SYMPTOTHERMIE ?
La symptothermie est une méthode d’observation du cycle féminin qui permet de détecter ses phases fertiles et infertiles. Elle peut ainsi être utilisée aussi bien comme méthode contraceptive que pour optimiser ses chances de tomber enceinte.
Le mot « symptothermie » est la contraction des termes « sympto », pour symptômes de fertilité (glaire cervicale et position du col de l’utérus) et « thermie », pour la température corporelle. En effet, cette méthode repose sur l’observation et l’analyse de plusieurs signes physiologiques : la température basale, la glaire cervicale et parfois la position du col de l’utérus.
La symptothermie est la seule méthode naturelle et fiable qui permet de repérer l’ovulation. Effectivement, elle fait partie des méthodes de contraception les plus fiables d’après l’OMS. Dans le cadre d’un projet bébé, elle s’avère plus efficace et économique que les tests d’ovulation ou les applications prédictives.
COMMENT FAIRE DE LA SYMPTOTHERMIE POUR TOMBER ENCEINTE ?
L’apprentissage de la symptothermie demande un peu de rigueur, mais une fois la méthode bien intégrée, elle devient une précieuse alliée pour la fertilité. Pour bien débuter, il est recommandé de suivre une formation ou de se faire accompagner par une conseillère en symptothermie. Cela permet d’éviter les erreurs d’interprétation et d’acquérir les bons réflexes. Concrètement, la méthode repose sur l’observation et l’enregistrement quotidien de trois éléments clés : la glaire cervicale, la température basale et le col de l’utérus.
Observer la glaire cervicale
La glaire cervicale est un fluide produit par des glandes situées au niveau du col de l’utérus. Son aspect évolue tout au long du cycle pour la rendre plus ou moins perméable aux spermatozoïdes. En dehors de la période fertile, la glaire cervicale est généralement absente ou épaisse et opaque avec une sensation sèche au niveau de la vulve.
À l’approche de l’ovulation, sous l’effet des œstrogènes, la glaire devient progressivement plus fluide, transparente et élastique. Le pic de glaire est souvent observé la veille de l’ovulation, elle ressemble alors à du blanc d’œuf cru que l’on peut observer quand on s’essuie aux toilettes. La sensation au niveau de la vulve est très glissante et lubrifiée. Cette texture permet aux spermatozoïdes de survivre plusieurs jours dans le col de l’utérus et de se déplacer vers l’ovule au moment de sa libération.
Après l’ovulation, sous l’influence de la progestérone, la glaire s’épaissit, devient collante et marque ainsi la fin de la période fertile. Observer ces changements quotidiennement et les noter dans un tableau ou une application aide à mieux comprendre son cycle et à repérer ses jours les plus fertiles.
Prendre sa température basale
L’observation de la glaire cervicale aide à repérer le début de la période fertile alors que la prise de la température permet, quant à elle, de vérifier que l’ovulation a bien eu lieu.
En première partie de cycle, la température est relativement basse, souvent aux alentours de 36,5°C. Chez certaines femmes, la température peut baisser aux alentours de 36,2°C le jour de l’ovulation.
Après l’ovulation, la production de progestérone va déclencher une augmentation de la température d’environ 0,3 à 0,5°C. La température doit rester haute et stable pendant toute la durée de la phase post-ovulatoire (= phase lutéale) jusqu’à la veille des règles où elle chute. La phase lutéale doit durer entre 11 et 16 jours pour laisser le temps à l’embryon de s’implanter dans l’utérus. Une température basale qui reste haute plus de 18 jours est un signe de début de grossesse. En revanche, une température basale qui chute moins de 11 jours après l’ovulation est un signe d’insuffisance en progestérone.
Cette hausse étant minime, il est essentiel d’utiliser un thermomètre précis à double décimale. La température basale correspond à la température du corps au repos. Elle doit donc être prise chaque matin au réveil, avant de poser un pied au sol. De plus, il est important d’utiliser toujours le même thermomètre et la même voie (vaginale, rectale ou buccale).
Repérer la position du col de l’utérus (optionnel)
L’observation du col de l’utérus est un indicateur optionnel mais utile pour affiner l’analyse du cycle. Sa position, son ouverture et sa texture varient en fonction des phases du cycle. En début de cycle et après l’ovulation, il est bas, ferme et fermé, rendant la conception peu probable. À l’approche de l’ovulation, il remonte, s’assouplit et s’entrouvre légèrement sous l’effet des œstrogènes, facilitant ainsi le passage des spermatozoïdes.
POURQUOI LA SYMPTOTHERMIE EST INDISPENSABLE EN CAS DE PROJET BÉBÉ ?
Pratiquer la symptothermie présente de nombreux avantages quand on essaie de tomber enceinte :
1. Identifier le début et la fin de sa période fertile
La symptothermie aide à repérer la phase fertile et l’ovulation afin de savoir quel est le meilleur moment pour les rapports en vue de concevoir. Dès que la glaire devient fluide et transparente c’est le bon moment. D’ailleurs, une ovulation de bonne qualité s’accompagne souvent d’une augmentation de la libido. La nature est bien faite ! Puis, une fois que la température a augmenté et que la glaire s’est asséchée, la phase fertile est terminée.
2. Augmenter ses chances de tomber enceinte
La femme n’est fertile que 7 jours par cycle. Par conséquent, avoir des rapports tous les 2 jours, comme il est souvent préconisé, n’a aucun intérêt pour la fertilité. En revanche, avoir des rapports tous les 2 jours pendant cette période fertile augmente considérablement les chances de conception. Il faut savoir que la probabilité de réussite augmente à l’approche de l’ovulation, elle serait d’environ 9% 5j avant, 16% 4j avant, 24% 3j avant, 27% 2j avant, 31% la veille de l’ovulation et de 20% le jour de l’ovulation.
3. Réduire le stress et la fatigue
Effectivement, tous les couples en essais bébé ont connu cette injonction « faites l’amour tous les 2 jours ! ». Quand le projet bébé s’éternise plusieurs mois voire années, c’est la voie royale vers l’épuisement. Au contraire avec la symptothermie et la connaissance de sa phase fertile de 7 jours, vous abordez la conception avec plus de confiance et de tranquillité.
4. Identifier une éventuelle anomalie du cycle
Suivre son cycle aide à détecter d’éventuelles anomalies comme :
- Un trouble de l’ovulation (ovulation rare ou absente)
- Un cycle irrégulier, c’est-à-dire quand il y a plus de 7 jours d’écart entre chaque cycle
- Un cycle trop court < 21 jours
- Un cycle trop long > 35 jours avec parfois des tentatives d’ovulation ratées
- Une insuffisance en progestérone (phase post-ovulatoire trop courte < 10 jours)
- Une hyperœstrogénie (= excès d’œstrogènes par rapport à la progestérone), la glaire réapparaît plusieurs jours après l’ovulation au lieu de rester sèche
Autant d’indicateurs révélateurs d’un déséquilibre hormonal qui peut être lié à l’arrêt de la pilule, à des troubles de la thyroïde ou le SOPK (Syndrome des Ovaires PolyKystiques) par exemple.
L’absence de hausse de la libido et de l’énergie au moment de l’ovulation est également un signe de déséquilibre hormonal. Vous n’êtes pas la seule, c’est très fréquent mais ce n’est pas parce que c’est fréquent que c’est normal. Il est ainsi essentiel de prendre en charge la cause de ce déséquilibre hormonal pour restaurer votre fertilité.
Focus sur l’insuffisance en progestérone ou insuffisance lutéale :
La progestérone est une hormone sécrétée après l’ovulation qui prépare l’utérus à accueillir l’ovule fécondé. Comme indiqué précédemment, si la production de progestérone est insuffisante et que la phase post-ovulatoire dure moins de 11 jours alors l’embryon n’aura pas le temps de s’implanter dans l’utérus. C’est une cause fréquente d’infertilité, mais encore trop rarement diagnostiquée.
Prenons l’exemple d’une femme avec un cycle d’environ 28 jours qui, après un an d’essais, n’est toujours pas enceinte. Cette durée de cycle correspond à la durée parfaite selon les gynécos donc ils ne se posent pas de question et l’envoient directement en PMA pour cause d’infertilité inexpliquée. Cette femme commence à pratiquer la symptothermie et découvre qu’elle ovule systématiquement aux alentours de J21 et que se phase lutéale ne dure que 7 jours. La cause de cette infertilité est donc l’insuffisance en progestérone qui aurait pu être résolue par des méthodes naturelles.
5. Gagner du temps et de l’argent
Grâce à cette méthode, fini les dépenses inutiles en tests d’ovulation, souvent peu fiables, notamment en cas de SOPK. De plus, viser juste augmente les chances de tomber enceinte plus rapidement.
6. Impliquer son partenaire dans le projet bébé
Cette pratique encourage la communication et l’implication du couple. En partageant les observations et en comprenant mieux le cycle féminin, le partenaire devient plus actif dans le processus, renforçant ainsi la connexion et la complicité dans cette belle aventure.
7. Le savoir c’est le pouvoir
Comprendre son cycle, c’est reprendre le contrôle de sa fertilité et de son corps. Trop souvent, les femmes sont déconnectées de leurs rythmes biologiques et dépendent d’outils externes pour comprendre leur fertilité. La symptothermie permet au couple de devenir acteur de son projet bébé, de faire des choix éclairés et de ne plus être dépendant du corps médical. Plus on en sait, mieux on peut agir !
Et le bonus pour la fin, la symptothermie vous permet de savoir si vous êtes enceinte. En effet, si votre phase post-ovulatoire se prolonge plus de 18 jours il est fort probable qu’un embryon se soit accroché !
En résumé, la symptothermie est une méthode fiable, naturelle et accessible à toutes les femmes désireuses de mieux comprendre leur cycle et d’optimiser leur fertilité. Elle permet d’identifier avec précision la période fertile, d’éviter les approximations et d’adopter une approche plus consciente de la conception.
Elle représente également un formidable outil d’autonomie et de bien-être, permettant aux couples de vivre sereinement cette période clé de leur vie. Alors, si vous êtes en projet bébé, pourquoi ne pas essayer la symptothermie ? Une belle façon d’écouter votre corps et de mettre toutes les chances de votre côté pour accueillir une nouvelle vie.
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Article rédigé par Lise, Docteur en Pharmacie diplômée en Nutrition et Micronutrition, adepte de la symptothermie et touchée par le SOPK.


